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Message  kate29 Jeu 16 Juil 2009 - 20:09

[b]de mer belle à force huit….
souvenirs émus de petits plats concoctés à bord…

une autre de mes idées....

« Le plaisir de la table est de tous les âges, de toutes les conditions, de tous les pays et de tous les jours ; il peut s’associer à tous les autres plaisirs, et reste le dernier pour nous consoler de leur perte. »

« La découverte d’un mets nouveau fait plus pour le genre humain que la découverte d’une étoile »

.Jean Anthelme Brillat-Savarin


Le besoin de se nourrir régit la vie entière, dès sa naissance le nouveau-né appelle le sein de sa mère, c’est autour de la table de cuisine ou de la salle à manger que la famille se réunit, les affaires importantes se traitent elles aussi, le plus souvent, au cours de repas dits d’affaires, mais qu’en est-il des petits plats cuisinés à bord d’un bateau ?

On a tous navigateurs émérites ou plus néophytes, le souvenir ému de plats concoctés à bord, qu’ils soient le résultat de pêches, d’achat au supermarché du coin ou -pour les plus sportifs- le fruit de diverses préparations culinaires lyophilisées ou autres.

Parce qu’en mer les sensations sont souvent plus fortes qu’à terre, parce que partir naviguer c’est toujours partir un peu à l’aventure, parce que cette aventure là, qu’elle soit d’un jour, de quelques jours ou de beaucoup plus, peut s’inscrire dans nos plus beaux souvenirs ou qu’au contraire nous ramener pantois et lessivés au port…

Parce qu’à un moment ou un autre, l’estomac exigera son dû et que le plaisir ou les vivres ne seront pas toujours au rendez-vous… mais qu’à contrario parfois, ah, le joli souvenir, le poisson qui vient mordre juste à point ou le petit cassoulet qu’on avait oublié au fond d’un équipet.

J’aimerais recueillir ces souvenirs là intimes ou partagés de petits plats concoctés par mer belle ou plus agitée, au large ou bien au port.

Ces confidences seront celles de quelques femmes et hommes qui ont fait l’actualité du monde maritime mais aussi de simples amoureux de la mer moins connus des sphères médiatiques.

Rapporter ces confidences de plaisirs culinaires en mer, c’est une invitation au voyage, poétique parfois, violente ou plus élémentaire d’autres fois.

Où il ne sera pas question de rivaliser avec les grandes toques, mais bien plus le prétexte à lire encore des récits de mer.

Certains textes seront parfois simples, composés d’une trentaine de lignes, d’autres plus riches pourront se lire sur quelques pages.

Les illustrations qui viendront de temps à autre ponctuer les récits seront l’œuvre d’un artiste....

Un de mes textes :


C’était durant le retour de la transat 76, la fameuse, la presque mythique, celle où Tabarly, arrive sur Pen Duick dans la brume et apprend surpris qu’il a gagné. A l’époque pas encore de balise Argos et navigation au sextant obligatoire.
Mon frère Gilles avait couru cette transat et nous devions avec quelques amis dont le ramener le Frioul 38 en France. Mon frère de son côté se reposait de cette transat, une des plus éprouvantes qu’il ait été.
Avec quelques autres bateaux qui rentraient comme nous en France, nous avions décidés d’une petite régate jusqu ‘aux Açores. Jean-Claude Timsit sur Arauna, aidé de Florence Athaud équipière à son bord, Olivier Despaigne et un ami sur un petit multi et deux ou trois autres bateaux.
La traversée fut agréable et assez rapide sans incident notoire.
L’escale aux Açores fut comme d’habitude chaleureuse et bienvenue.
A Horta, à l’époque pas de supermarché pour faire les vivres, mais quelques boutiques et le marché. Nous ne nous étions pas véritablement inquiété à l’avance des courses à faire et, la veille du départ, les petits étals du marché ne regorgeait pas de frais, si je me souviens bien quelques salades, tomates, oignons, pommes de terre, bananes, fruits de la passion, petites pommes un peu fripées, citrons et œufs remplirent nos cabas pour le frais. Les quelques petites boutiques nous fournirent le reste, constitué en majorité de conserves, riz et pâtes (les classiques !!).
Dans une de ces petites boutiques, comme nous n’avions pas trouvé aucune viande que nous pourrions conserver sans frigidaire à bord, j’aperçu des boites dont l’intitulé sobrissime indiquait si ma mémoire est bonne, quelque chose comme « banco purissimo di porco », sans demander aucune explication au vendeur, j’ai pensé un peu naïvement et un peu rapidement et la suite de l’histoire le confirmera qu’il s’agissait de boulettes de porc…
Pour la bonne suite de l’histoire, il faut aussi que je raconte notre visite au petit port réservé au dépeçage des cachalots.
A l’époque, les Açoriens pêchaient encore à bord de jolies et fines baleinières, le cachalot au harpon. Des guetteurs postés sur les hauts des îles faisaient exploser une espèce de fusée quand ils apercevaient au loin des cachalots afin de prévenir les autres pêcheurs parfois occupés à d’autres activités. Alors rapidement les baleinières étaient mises à l’eau et suivant les allures possibles, ils s’en allaient à la voile ou avec les avirons… Et cette pêche là, bien que paraissant cruelle était un combat entre l’homme et l’animal bien plus égal que celui des baleinières industrielles d’aujourd’hui ! Et bien souvent tous les hommes ne rentraient pas au port.
Mais je m’égare un peu peut-être. Bref nous fîmes cette visite un peu ragoûtante, je dois dire, sur une espèce de quai rougi par le sang des cachalots, des hommes découpaient les poissons en gros quartiers, des petites grues finissait d’en arracher les morceaux. Des deux côtés du quai, de petites vagues sanguinolentes venaient rougir les plages où s’entassaient des vertèbres et des côtes des mammifères marins.
Ambiance et odeur fortes garanties.
Bref avec regret, comme toujours lorsque l’on quitte les Açores, il fallait partir et rentrer.
Après quelques jours de mer, comme prévu, nous eûmes envie de viande. Il faisait très beau ce jour-là, mer belle, dauphins s’amusant avec l’étrave…
Je ne sais plus qui de nous était de quart de cuisine, ce jour-là, j’étais moi à la barre.
Les fameuses boites « banco purissimo di porco » ouvertes, nous révélèrent un contenu surprenant, aucune boulette de viande mais plutôt une espèce de graisse blanche, un genre de végétaline…
Nous avions encore beaucoup de pommes de terre, le tour fut vite joué, ce serait frites à volonté pour tout le monde. Pas forcément raisonnable dans un bateau en bois, mais bon, comme je l’ai dit, il faisait beau, au bon plein, pas de houle traversière, sans trop de gite…
Le cuisinier du jour mit la graisse dans la cocotte qui se mit à fondre en révélant sa véritable nature, reconnaissable entre toute, une forte odeur de cachalot !!
Les Açoriens faisaient-ils passer de la graisse de cachalot pour une graisse de porc, nous ne le saurons jamais… et le plus étonnant, c’est que les frites quant à elles n’avaient aucun goût de cachalot (quoique qu’en réalité je n’en ai évidemment jamais mangé), elles étaient tout simplement délicieuses…


A suivre....... je suis prenante de vos récits !!!!!!!!!
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